Al-Deir, ou « le Monastère », est le plus grand monument taillé dans la roche de Pétra, en Jordanie. Sculpté au Ier siècle de notre ère, probablement sous le règne du roi nabatéen Obodas Ier, il présente une façade d'environ 47 mètres de large et 48 mètres de haut, dominée par un tholos surmonté d'une urne de neuf mètres. Perché sur un plateau au nord-ouest du centre de la cité, il est accessible par un sentier d'environ 800 marches taillées dans la roche. Son nom actuel vient de son usage probable comme église durant la période byzantine, comme en témoignent des croix gravées à l'intérieur. Moins orné mais plus massif que la Khazneh, Al-Deir offre un panorama exceptionnel sur les montagnes désertiques environnantes.
La Khazneh, ou « Trésor », est le monument le plus emblématique de Pétra, en Jordanie, taillé au Ier siècle de notre ère dans la paroi de grès rose à l'extrémité du Siq. Sa façade de 43 mètres de haut, ornée de colonnes corinthiennes et de frontons d'inspiration hellénistique, servait probablement de temple ou de tombeau à un souverain nabatéen. Son nom moderne vient d'une légende bédouine selon laquelle un trésor aurait été dissimulé dans l'urne sculptée au sommet de la façade. Première vision spectaculaire offerte aux visiteurs au terme du défilé étroit du Siq, la Khazneh illustre la maîtrise technique des artisans nabatéens et demeure aujourd'hui l'un des symboles les plus reconnus du patrimoine culturel jordanien.
Le centre de Pétra s'organise le long de la rue à colonnades, artère principale de la cité antique bordée d'anciennes boutiques et rénovée à l'époque romaine. Elle relie le théâtre nabatéen, pouvant accueillir jusqu'à 8 500 spectateurs, au Grand Temple, vaste sanctuaire de plus de 7 000 m² achevé au Ier siècle avant notre ère, puis au Qasr al-Bint, l'un des rares édifices de Pétra construit plutôt que creusé dans la roche. Haut de 23 mètres, ce temple dédié au dieu Dushara constituait le principal lieu de culte de la ville. Ce cœur monumental, où se croisaient marchands et pèlerins, témoigne du rôle de Pétra comme carrefour commercial prospère entre l'Arabie, la Méditerranée et le Moyen-Orient antique.
Le Sîq est la gorge naturelle sinueuse qui constitue l'entrée principale de Pétra, en Jordanie, longue d'environ 1,2 kilomètre et large de seulement quelques mètres par endroits. Formée par l'érosion d'une faille rocheuse, cette entaille dans le grès rose fut aménagée par les Nabatéens, qui y creusèrent un canal d'irrigation pour acheminer l'eau des sources de Wadi Musa vers la cité. Ses parois abruptes, hautes de plusieurs dizaines de mètres, plongent le visiteur dans une pénombre progressive avant de s'ouvrir soudainement sur la façade de la Khazneh. Ce passage obligé, à la fois défense naturelle et prouesse hydraulique, demeure l'un des moments les plus saisissants de la découverte du site archéologique.
Les tombeaux royaux de Pétra forment un ensemble de façades monumentales creusées dans le flanc du Djebel al-Khubtha, en Jordanie, à l'est du théâtre nabatéen. Ils regroupent notamment le tombeau de l'Urne, converti en église byzantine en 446, le tombeau de la Soie, remarquable par les veines colorées de son grès, le tombeau Corinthien, dont la façade érodée évoque la Khazneh, et le tombeau du Palais, dont les trois niveaux s'inspirent de la Domus Aurea de Néron à Rome. Sculptés entre le Ier et le IIe siècle de notre ère pour abriter les sépultures de souverains et de hauts dignitaires nabatéens, ces monuments témoignent des échanges architecturaux entre Pétra, Rome et l'Orient hellénistique.